Figma, c’est notre maison. Pas « un outil qu’on utilise » — maison. On y passe plus d’heures par semaine que dans la plupart des pièces de chez nous.
Comme toute maison, à un moment on remarque quelles habitudes la gardent saine et lesquelles la transforment en musée du chaos. Voici celles qu’on a retenues. Rien à voir avec les raccourcis clavier — ceux-là font gagner des secondes. Celles-ci font gagner des heures.
La règle « un hero frame par fichier »
Chaque fichier Figma qu’on ouvre a un énorme frame en haut nommé Current State. Il montre exactement la dernière version approuvée du produit, sans rien d’expérimental.
Tout le reste — travail en cours, explorations, idées en stand-by — vit en dessous, dans des sections clairement labellisées. Quand un dev, un PM ou un nouveau membre ouvre le fichier, il sait en trois secondes quels écrans sont réels.
Des noms de composants qui décrivent la fonction
Mauvais nom : « Bouton Bleu Grand ». Bon nom : « Button / Primary / Large ». Quand la couleur primaire passe du bleu au violet (ça arrive tout le temps), le premier nom devient un mensonge. Le second reste juste.
On organise chaque composant avec des slashes, Figma les regroupe automatiquement. Notre librairie de boutons a à elle seule Primary, Secondary, Ghost × Large, Medium, Small × Default, Hover, Active — tout trouvable en quelques secondes.
Variables d’abord, couleurs ensuite
Plus jamais de hex bruts. Chaque couleur sur chaque layer référence une variable : Primary/500, Surface/Subtle, Text/Inverse. Quand un client dit « un peu plus chaud ? », on change une valeur. Tout le produit bouge.
Pareil pour l’espacement, les radii, la typo. La première fois, ça paraît du surcoût. Au troisième projet, ça paraît de la triche.
Des frames « design-to-dev », à chaque projet
Au handoff, on ne se contente pas de linker le fichier. On crée une page dédiée « For Developers » avec trois frames.
- 01Component Specs — chaque composant réutilisable avec ses états et son espacement.
- 02Interaction Map — ce qui se passe au clic, au hover, au focus pour tout ce qui n’est pas évident.
- 03Edge Cases — états vides, erreurs, loading, dépassement de longueur.
Le rituel du ménage du vendredi
Chaque vendredi, vingt minutes de nettoyage du fichier. Archiver les vieilles explorations, supprimer les doublons, renommer les frames « Frame 47 ».
Ça paraît trivial. Ça composé énormément. Après six semaines, les fichiers restent lisibles. Sans, ils deviennent des décharges que personne ne veut ouvrir.